J'en parlais il y a 5 minutes avec une amie qui m'a dit "mais je suis sûre qu'au fond tu en veux".

Mais justement non. Je n'en veux ni en surface, ni au fond. Il y a plein de raisons à ça, tout autant qu'il n'y en a pas.

D'une manière générale, j'ai une relation assez paradoxale avec les gens au sens large du terme. D'un côté j'aime pas les gens, et d'un autre côté je m'apprête à me lancer dans un métier social parce que je suis philanthrope. Allez pas chercher la logique, y'en n'a pas.

De même que j'aime beaucoup les enfants, mais finalement peut-être pas assez pour vouloir en avoir.

Alors ma décision de ne pas avoir d'enfant n'est certainement pas immuable, peut-être que j'aurais une crise de la trentaine et que j'aurais une envie incontrôlable d'avoir des gosses, mais pour l'instant je me vois plutôt avec zéro enfant pour toute ma vie.

Puis ce qui est bien avec Tigrou c'est que je ne me sens pas extraterrestre, et j'ai été rassurée quand un jour il m'a sorti "les gosses c'est sympa, mais chez les autres!"
Et pourtant je le regardais à l'oeuvre avec ses nièces et il était chou avec elles, il faisait attention à elles, s'en occupait.
Tout comme moi j'adore la petite fille que j'ai gardé pendant deux ans, ou de la même manière que je m'attache vite aux enfants avec lesquels je suis en contact.

Puis il paraît que je vois ça d'un oeil trop technique : pour moi un gosse, ça fait chier, ça t'angoisse, ça dépend trop de toi, tu dois être un bonne mère et avoir pour mari un bon père, tu dois lui payer des choses mais pas trop pour qu'il ne soit pas pourri gâté, tu dois gérer les crises d'adolescences, tu dois accepter d'être le parent qui fait chier alors que c'est toi qui te traîne ton gosse depuis 15 ans et qui épongeait son vomi pendant sa plus tendre enfance, tu dois t'angoisser pour ses études, puis si tu t'angoisses pas t'es un parent indigne qui se fout de son enfant.
Franchement, parent c'est un boulot trop ingrat. Alors il paraît que avoir un gosse c'est super, mais à quel prix!?

Y'a un côté très égoïste qui me pousse à ne pas avoir d'enfants, et un autre philanthrope qui me pousse à me dire que je n'ai pas envie de lâcher mon gosse dans cette société où tout le monde vit constamment en stress, dans l'angoisse de se faire agresser d'un moment à l'autre, de ne pas trouver de boulot etc.

Alors je me dis qu'il doit y avoir un paquet gens à penser comme moi, puis un paquet de gens à se dire que je ne sais pas ce que je dis, que je vais forcément changer d'avis. Et finalement, heureusement qu'ils sont là pour faire des enfants ces gens là, sinon on n'irait pas loin!