A force de parler, de réfléchir, de refaire le monde, je me dis qu'un jour je le comprendrais, je comprendrais les autres et je me comprendrais.

Une fois de plus je me suis retrouvée sur la petite place fétiche de ma meilleure amie et moi-même. Celle de fin de soirée où nous avons toujours de grandes discussion sur la vie, sur les hommes et les femmes, sur nous, notre passé et nos avenirs.

Je suis d'ailleurs en train de me dire que c'est là que Tigrou que m'a embrassé pour la premier fois, et je me dis que ça ne pouvait être qu'un bon départ. Mais je ne parlais pas de ça.

Je disais qu'une fois de plus, nous avons longuement discuté dans la nuit. Cette fois-ci, et comme bien souvent, nous parlions d'amour.
Nous en avons déduit ceci : on est sacrément conne.
Une grande révélation en somme.

Dans une relation, il faut parfois se battre pour avoir ce que l'on veut. Je ne parle pas d'une relation tout en force, non. Je parle de la force de nos sentiments.
Il arrive dans la vie que l'on soit dans une situation fâcheuse. Une situation à trois par exemple.
Cela m'est arrivé. Cela lui est arrivé.
Elle comme moi, nous avions décidées de ne pas nous battre.

La première fois que ça m'est arrivé, j'avais 16 ans. Il ne savait pas qui choisir entre elle et moi, j'ai décidé qu'il n'avait qu'à rester avec elle et basta. Puis je ne lui ai plus parlé pendant au moins un an et demi.

La deuxième fois que cela m'est arrivé, j'étais devenue une maîtraise sans état d'âme pour la pauvre femme trompée. Je pense que je me suis accordée avec ma conscience en ne demandant jamais à l'homme avec qui j'étais de quitter sa copine pour moi, le laissant ainsi pour seul responsable du mal qu'il causait autour de lui.

Ces deux fois-là, j'étais amoureuse. Ces deux fois là je n'ai rien dit. Parce que je n'ai jamais cru que l'homme hésitait vraiment. Parce que je ne voulais pas me dévoiler.
La première fois, l'homme m'a dit qu'il était perdu, qu'il ne savait pas qui choisir, qu'il ne voulait faire de mal à personne. Je lui ai facilité la tâche. Je me suis fait souffrir moi-même, je l'ai renvoyé dans les jupons de ma rivale. Si j'avais eu la force de dire "Moi je t'aime, choisis-moi" peut-être que ça aurait changé quelque chose, ou peut-être pas. Mais je l'aurais dit, j'aurais essayé.
La deuxième fois, l'homme m'a tendu une perche, et ce plusieurs fois, pour que je le lui dise. Mais non, je n'ai rien dit, je faisais l'indifférente alors que j'étais tout le contaire. Là, je ne pense pas que la situation aurait été vraiment meilleure, mais qui sait, j'aurais parlé au moins.

Les hommes n'attendent que ça finalement, qu'on parle. Ils nous le demandent en plus. Mais je n'ai rien dit.

Je ne regrette pas mes choix, car je suis heureuse comme ça maintenant. Puis je n'avais pas envie d'une vie comme ces femmes qui attendent des années que des maris quittent leur femme.
Mais tout de même, j'ai retenu quelque chose. J'ai compris que les sentiments avaient une force, et que lorsqu'on aime quelqu'un il ne faut rien laisser au hasard. Il faut dire ce qu'on a a dire, pour ne pas regretter ensuite, pour ne pas se retourner un jour et dire "et si...?"

C'est décidé, à partir de maintenant, nous parlerons!